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Un lecteur d’empreintes pour surfer sur le Net

07.08.2009
La société Axsionics biennoise teste une petite carte pour sécuriser les transactions

Ils sont de plus en plus présents autour de nous, mais personne, ou presque, ne les utilise. «Ils», ce sont les petits lecteurs d’empreintes digitales, disponibles désormais par exemple sur la majorité des ordinateurs portables. Or ce moyen d’identification unique a donné des idées à Axsionics, une petite société basée à Bienne. Elle a développé un lecteur, de la taille d’une carte de crédit, destiné à sécuriser les transactions via Internet.

Axsionics, fondée en 2003, est à la base un spin-off de la haute école spécialisée de Bienne. Peu connue en Suisse romande, la société a eu droit, en 2007, à un coup de projecteur inhabituel via la Télévision suisse alémanique. La chaîne SF1 avait lancé un reality show invitant dix responsables de sociétés à présenter leur projet. Alain Rollier, cofondateur et responsable du marketing d’Axsionics, fait forte impression auprès d’un jury où siège le directeur de McKinsey. La start-up reçoit à cette occasion 1,7 million de francs de plusieurs institutions, du canton de Berne et de la Ville de Bienne.

Prix prestigieux

L’année suivante, Axsionics remporte le prestigieux Swiss ICT Award, avant qu’en avril 2009, la firme ne figure dans la sélection Red Herring des 100 firmes high-tech européennes les plus prometteuses. «Ces prix ont récompensé notre technologie et nous ont permis de nous faire connaître. Mais il fallait ensuite développer concrètement notre produit et ne pas en rester à de belles idées sur le papier», sourit Alain Rollier. Axsionics a ainsi déposé 13 demandes de brevet.

C’est chose faite ces derniers mois avec la création d’une première, puis d’une seconde carte d’accès sécurisée. «Lors d’achats via Internet, deux questions se posent: qui êtes-vous vraiment et quelles sont vos intentions? Dès que vous avez ces réponses, tout est possible de façon sûre», poursuit Alain Rollier.

La première étape consiste, sur un site web, à taper le numéro de série inscrit sur la carte d’Axsionics. Ensuite s’affiche à l’écran une sorte de code-barres qui scintille, et qu’il faut scanner avec la carte, en la plaçant juste devant. Un canal sécurisé est ainsi créé. Pour être certain de l’identité du porteur de la carte, celui-ci doit ensuite vérifier son empreinte digitale sur le petit lecteur, avant de procéder à sa transaction. Un code s’affiche ensuite sur la carte pour valider l’opération. Enfin, le nom du site de e-commerce et le montant de la transaction s’affichent sur le petit écran de la carte, pour être certain que l’opération soit juste entre les deux parties.

Dès cet automne, une première application commerciale sera lancée. «La Banque cantonale de Berne est en train d’achever des tests pilotes étendus, explique Alain Rollier. En septembre ou en octobre, elle distribuera notre carte pour ses clients qui effectuent des opérations de e-banking.» Chaque carte peut être utilisée auprès de 128 prestataires de services. «Nous avons déjà des contacts avec d’autres banques et sites de e-commerce. La stratégie est de faire distribuer notre carte, par exemple, pour des fournisseurs d’accès à Internet ou des prestataires importants de services via le Web. Et ce pour atteindre une diffusion importante et convaincre ainsi d’autres partenaires».

Nouvelle levée de fonds

Les prochains mois seront ainsi décisifs pour Axsionics, qui compte aujourd’hui 20 employés. Après avoir levé 10 millions de francs en 2008 auprès d’investisseurs privés, la firme mène actuellement un second tour de table. «La carte et le système sécurisé sont au stade de production. Désormais, nous attendons beaucoup du lancement du service par la Banque cantonale de Berne pour démontrer l’efficacité de notre solution.» Le sommet serait ainsi de convaincre des géants tels Amazon. Mais Axsionics n’en est pas encore là.


 
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